BIODIVERSITE & RESEAU FERROVIAIRE

Posté par Paul-Robert TAKACS le 24 mars 2015

biodiversité et réseau ferroviaire

Le document ci-dessus, présenté par Réseau Ferré de France lors de la Semaine du Développement Durable (du 1er au 7 avril 2010), présente la biodiversité comme « [à] préserver et valoriser : un défi et un e contribution essentielle du réseau ferroviaire au développement durable ».

On notera plus particulièrement les « quelques exemples de préservation de la biodiversité autour des voies ferrées » :

détail de quelques réalisations biodiversité et réseau ferroviaire

L’idée de « contribution essentielle du réseau ferroviaire », notamment à la bonne marche de la biodiversité, doit cependant intégrer un bémol. On considère de manière relativement unanime, que le réseau ferroviaire fonctionne comme une porte d’entrée d’une grande diversité d’espèces, notamment végétales, désirables mais aussi indésirables.d’espèces indésirables.

On regrettera que l’aspect des plantes invasives soit passé sous silence dans ce document. Or la présence, parfois sur des longueurs importantes, de plantes invasives, introduites (Robinier utilisé pour stabiliser des talus quand les lignes passent en tranchées ou en hauteur), arrivées suite à la perturbation des milieux (Ailante, Buddleja, Séneçon du Cap…) et se propageant parfois rapidement suite aux interventions de gestion (Renouée du Japon…), est un problème incontournable pour le fonctionnement de la biodiversité. Avec une question à la clef : peut-on s’assurer qu’un corridor permette le déplacement de certaines espèces (désirables) et pas d’autres ?

 

 

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bénéfices attendus des toits-terrasses végétalisés

Posté par Paul-Robert TAKACS le 12 mars 2015

  • isolation thermique (voir image de thermographie)
  • isolation phonique
  • isolation contre les UV…

du moins, au dernier étage !

effet rafraîchissant des toitures végétalisées

  •  biodiversité

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UNE TRAME VERTE ET BLEUE A PARIS : POURQUOI ? COMMENT ?

Posté par Paul-Robert TAKACS le 12 mars 2015

Les travaux de renforcement engagés ces dernières années sur les trames verte et bleue (TVB), à l’échelle de différents territoires (quartiers, communes, départements, régions…) sont issus d’une ambition des Grenelle de l’environnement.

Le Ministère le l’écologie et du développement durable définit la trame verte et bleue comme « un outil d’aménagement du territoire qui vise à (re)constituer un réseau écologique cohérent, à l’échelle du territoire national, pour permettre aux espèces animales et végétales, de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer… En d’autres termes, d’assurer leur survie, et permettre aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services. »

SRCE

la TVB d’un territoire est typiquement constituée de réservoirs de biodiversité reliés entre eux par des corridors écologiques

Un réservoir de biodiversité est une zone vitale, riche en biodiversité, où les individus peuvent réaliser l’ensemble de leur cycle de vie : abri / habitat, alimentation, reproduction…

Un corridor écologique est une voie de déplacement, empruntée par la faune et/ou la flore, entre deux espaces de biodiversité.

réservoirs & corridors de biodiversité

Une TVB est constituée de la combinaison des sous-trames aquatique, humide, minérale, herbacée, arbustive, arborée, noire…

trames et sous trames vertes et bleues

quelques problématiques TVB

  • la diminution du nombre et de la qualité écologique des territoires de vie des espèces
  • les obstacles à la circulation des espèces = fragmentation des territoires > isolement des espèces
  • les ruptures de continuité des territoires ou des corridors

principes du renforcement des TVB

Pour éviter l’isolement des espèces et ainsi une perte de biodiversité, la TVB vise à maintenir et à reconstituer les corridors écologiques, à l’échelle nationale, en tant que réseau d’échange permettant aux espèces animales et végétales de pouvoir circuler, s’alimenter, se reproduire et permet ainsi de préserver la biodiversité.

modalités pratiques pour le renforcement des TVB

  • planter davantage de plantes indigènes, même régionales natives, améliore l’attractivité pour la faune locale
  • une diversité végétale amène une diversité animale
  • ne pas se contenter d’une diversité spécifique, mais introduire aussi une diversité individuelle : pas de clones !
  • la diversité des habitats / milieux est le support de la diversité végétale
  • une continuité, relative ou absolue, des habitats est nécessaire, y compris grâce à l’existence de corridors écologiques entre habitats fonctionnels

Plan biodiversité de la Ville de Paris

La Ville de Paris a signé en 2011 son 1er Plan biodiversité : un recueil de 30 actions favorables à la biodiversité dans le contexte urbain dense de la capitale.

En 2015, le Plan sera révisé, compte tenu notamment de l’état d’avancement des actions entreprises entre-temps.

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Façades favorables à la faune et à la flore : l’immeuble de l’Agence CHARTIER-DALIX à Boulogne-Billancourt (92)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 28 novembre 2014

source : article paru dans le « Moniteur » n°5789 du 7 novembre 2014, pages 24 à 28 : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/26524636-falaise-en-beton-prefabrique-pour-la-faune-et-la-flore#26524616

L’agence Chartier-Dalix Architectes a livré un équipement scolaire et sportif à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dont l’enceinte minérale (50×100 m) intègre divers nichoirs et rainures pour favoriser l’implantation d’oiseaux et de végétaux.

A Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le groupe scolaire des sciences et de la biodiversité n’accueille pas que des élèves. Il héberge aussi dans ses murs des oiseaux, des insectes et des plantes. Saison après saison, la falaise artificielle qui pare l’extérieur du bâtiment sera colonisée de manière naturelle. Cette paroi minérale, lisse en partie basse pour éviter que les enfants ne l’escaladent, prend du relief en partie haute pour inviter les oiseaux à s’y percher et y nicher. Elle est constituée de blocs préfabriqués en béton brut, empilés jusqu’à 27 strates et liés par un mortier. La longueur est variable, la hauteur fixée à 40 cm ou 80 cm, la ligne droite ou courbe. Des cannelures latérales favorisent l’implantation de végétaux et le ruissellement de l’eau. Isolés, ces blocs sont très simples. Combinés avec des retraits et des saillies, ils deviennent plus complexes et offrent une plus grande diversité d’accroche à la lumière et à la biodiversité. « Le processus de fabrication a été rationalisé et optimisé pour que les éléments ne soient ni trop petits au risque d’être trop nombreux, ni trop grands pour rester transportables », souligne Sophie Deramond, chef de projet à l’agence Chartier-Dalix Architectes. Un grutier et deux ouvriers sur une nacelle ont patiemment assemblé les 1436 pièces de cette façade puzzle qui ne nécessitera aucun entretien de surface.

immeuble à façade végétalisée et nichoirs de Boulogne Billancourt

« Le maître d’ouvrage, la Saem Val de Seine Aménagement, souhaitait que l’établissement comporte un mur habité comme support de biodiversité. Nous lui avons proposé une falaise minérale ceinturant l’ensemble du bâtiment où la faune puisse nicher et la flore s’implanter. Cette paroi, d’une hauteur variant de 2 à 14 m, est formée par la superposition de blocs en béton, préfabriqués en Bretagne par l’entreprise Celtys. La préfabrication a permis de gérer avec précision la géométrie des blocs, la position des jardinières et des rigoles d’écoulement d’eau, ainsi que la dimension des trous d’envol spécifiques à chaque espèce d’oiseau. A la nature d’y prendre racine… » Frédéric CHARTIER & Pascal DALIX, architectes

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Saem Val de Seine Aménagement.

Maîtrise d’œuvre : Chartier-Dalix Architectes. BET : EVP (structure), CFERM (fluides), F. Bougon (économie), F. Boutté (HQE), AEU (écologue), Biodiversita (biodiversité).

Entreprise : Bouygues ouvrages publics.

Surface : 6 766 m² Shon.

Coût de la construction : 18 799 869 euros HT.

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Façades végétalisées : exemple de L’immeuble qui pousse d’Edouard FRANçOIS

Posté par Paul-Robert TAKACS le 27 novembre 2014

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Une rencontre rare entre un architecte et un promoteur privé sur le terrain des envies. Envie d’autre chose, de matière, d’usage, de plaisir, d’éphémère et de sens.

Le projet aurait pu s’appeler « Le balcon dans tous ses états » : balcon-jardin pour manger, nombreux, entre amis. Balcons-cabane perché au milieu des arbres pour tête à tête plus intime. Balcon-plongeoir pour explorer, curieux, les frondaisons des cimes des arbres. Balcon-terrasse pour imaginer la maison individuelle. Mais il s’appelle « L’immeuble qui pousse ».

Un matin, en manipulant des cailloux, du grillage et du béton, on a inventé un épiderme vivant. Il fallait que cela pousse. On a disposé des sacs de terreau et de plantes derrière les cailloux. On a arrosé d’engrais organique fertilisé. On a fait inséminer le tout par des alpinistes. On a mis la façade sous irrigation automatique.

L’immeuble pousse. Lentement. Son épiderme est devenu un biotope. L’eau se dépose dans les interstices, des algues se forment puis meurent, des mousses se développent et des herbes colonisent ce fin terreau. De-ci, de-là, des traces témoignent de cette transformation.

Ce projet a illustré une campagne du Ministère de la Culture et de la Communication pour la qualité architecturale.

Maquette et dessins font partie des collections du CNAC Georges Pompidou.

ROGRAMME Construction de 64 logements et 47 places de parking

CLIENT : Michel Troncin

ÉQUIPE Maison Edouard François, GREEN & HUNT, Verdier (BET structure)

SURFACE 5 200 M² SHON Budget 4,8 M € Calendrier COMMANDE 1998, LIVRAISON 2000

2000

ZAC Antigone

Rue du Moulin de Semalen

34267 Montpellier

France

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Les nombreux avantages des toitures végétalisées (en ville)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 27 novembre 2014

adapté d’après l’article original http://journalmetro.com/monde/674712/les-nombreux-avantages-des-toits-verts/
par Daniel CASILLAS
pour Metro World News 26/11/2014
Les nombreux avantages des toitures végétalisées (en ville) dans toitures végétalisées
source :

Wikimedia Commons

Les toits verts – c’est-à-dire couverts de végétation – permettent de rendre les bâtiments plus frais et plus écoénergétiques.

Végétaliser le bâti devrait permettre de :

  • réduire l’incidence globale du cadre bâti sur la santé humaine (isolation thermique, phonique…) et l’environnement, en…
  • …diminuant les nécessités de climatisation, donc la consommation d’énergie, donc les émissions de GES
  • …régulant l’effet des précipitations (rejets d’une eau pas si sale aux égouts, donc surcharge des réseaux après une forte averse) ; la rétention d’eau participe à l’effet rafraîchissant en cas de chaleur
  • réduire le gaspillage d’énergie, d’eau
  • réduire la pollution (laquelle ? les GES ne constituent pas une pollution à strictement parler)
  • améliorer la productivité des employés qui y travaillent (agrément ?)

Un rapport publié cette année par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme onusien, note que les techniques de construction respectueuses de l’environnement laissent entrevoir «des économies d’énergie potentielles de l’ordre de 50 à 90% dans les constructions neuves et existantes».

Par ailleurs, des technologies à haut rendement énergétique permettent d’envisager une réduction potentielle des émissions de CO2 de 20 à 45%, une augmentation de l’efficacité des infrastructures de 30 à 70%, une amélioration de l’efficacité en matière d’émissions de GES de 20 à 45% et une réduction de la demande de services de 20 à 40%.

Un moyen économique et efficace de participer à l’initiative des édifices verts est d’aménager des toits verts – c’est-à-dire de couvrir des toitures de végétation afin qu’elles soient belles et conservent l’énergie de façon optimale. Les spécialistes estiment qu’un toit vert offre plusieurs avantages publics, notamment une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie et la préservation de la biodiversité urbaine.

Selon des données d’une conférence de l’organisme Green Roofs for Healthy Cities, les toits verts captent de 70 à 90% des précipitation qui y tombent durant l’été, permettent de rafraîchir la température de l’air près de la surface (jusqu’à 16,4°C en moyenne) et réduisent le smog ainsi que la diffusion des poussières et des particules de matière dans la ville.

De nombreuses métropoles ont commencé à constater les avantages qu’offrent les toits verts. «Dans le monde, les immeubles verts sont de plus en plus nombreux, car on les considère de plus en plus comme des occasions d’affaires à long terme. Près de 51% des architectes, ingénieurs, entrepreneurs, propriétaires et consultants ayant participé à notre étude prévoient que plus de 60% de leur travail portera sur des immeubles verts d’ici 2015», révèle un rapport de la société d’analyse financière McGraw Hill intitulé World Green Building Trends 2013.

Questions-réponses avec Steven W. Peck, fondateur et président de Green Roofs for Healthy Cities

Quels problèmes urbains les toits verts peuvent-ils permettre de résoudre?
La population profite de plusieurs avantages concrets quand l’administration d’une ville instaure des politiques favorisant l’aménagement et l’entretien de toits verts. Parmi ceux-ci, on peut citer une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie, la préservation de la biodiversité urbaine, l’embellissement des quartiers, le développement de l’emploi local (emplois verts) et plus d’occasions d’aménagement d’espaces verts actifs et passifs. Avec un modeste investissement de 7,50 à 10$ par pied carré, plusieurs villes sont en train de tirer profit des toits sous-utilisés, surchauffés et laids de leurs édifices.

Combien coûte un toit vert?
Cela dépend du genre de toit vert ainsi que du type et de la nature de l’édifice. Il existe des systèmes simples et peu coûteux qui sont légers et qui demandent peu d’entretien, et il existe des systèmes plus complexes qui exigent structurellement une importante capacité de charge et utilisent une grande variété de plantes. Les toits verts dernier cri sont plus chers que les systèmes traditionnels, mais ils offrent de nombreux avantages publics et privés, comme une meilleure espérance de vie de la membrane et des économies d’énergie.

Quels progrès le secteur des toits verts a-t-il réalisés dans les dernières années?
Quand j’ai commencé à travailler sur le sujet, en 1997, il n’existait pour ainsi dire aucune documentation technique. Aujourd’hui, on estime que 20 millions de pieds carrés de toits verts sont aménagés annuellement en Amérique du Nord. Et il y a aujourd’hui 750 personnes qui ont mérité le droit de s’appeler des «professionnels des toits verts» après avoir suivi un programme de formation et avoir réussi un examen pluridisciplinaire. Ces gens connaissent les meilleures pratiques, qui permettent d’assurer le succès des projets de verdissement de toiture.

Il reste cependant beaucoup à faire afin de comprendre pleinement les nombreux avantages que comporterait le recours systématique aux techniques d’aménagement de toits et de murs verts partout en Amérique du Nord. Il s’agit aujourd’hui d’un mouvement mondial. Des douzaines de pays adoptent les technologies de l’architecture vivante pour tenter de résoudre des problèmes urgents, comme ceux liés aux eaux pluviales, aux îlots de chaleur et au manque d’espaces verts.

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prairies (fleuries)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 22 septembre 2014

définitions & types de prairies

En écologie, une prairie est un milieu ouvert, caractérisé par une végétation (principalement) herbacée. Mais il existe en fait toute une diversité de prairies.

Le type de prairie à laquelle on pense par défaut est la prairie établie sur sol relativement sec, à dominance de Graminées, mais qui comporte aussi une certaine part de Dicotylédones. exemple : la prairie du Service des Archives (19e), dominée par Arrhenatherum elatius, le Fromental élevé (Graminées), mais en même temps riche en Dicotylédones

Des prairies sur sols plus frais, voire humides, plus riches, sont généralement constituées d’une part plus importante, voire d’une majorité, et parfois même uniquement de Dicotylédones. On parle dans ces cas de prairies humides. exemple : une prairie humide a été créée au Jardin des Grands Moulins – Abbé Pierre (13e) : la part des Graminées est majoritaire, mais s’y trouvent aussi de nombreuses Dicotylédones, dont des plantes typiques de milieux humides. Parmi elles, la Reine des prés / Filipendula ulmaria (Rosacées).

A l’extrémité de la définition des prairies humides apparaît la mégaphorbiaie. Une mégaphorbiaie typique est constituée d’une prairie dense de Roseaux / Phragmites communis (Graminées) et de hautes plantes herbacées vivaces de 1,5 – 2 – 3 m de haut, dont l’Ortie dioïque/ Urtica dioica, les Bardanes / Lappa… située en zone alluviale et/ou sur sol frais. Souvent en bordure de fleuve / rivière, la mégaphorbiaie peut être périodiquement mais brièvement inondée. Elle sera graduellement colonisée par des ligneux (Saules, Aulnes, Frênes et Peupliers) et tend à évoluer vers une forêt humide.

En agriculture, on appelle parfois « prés » diverses prairies, alpages… destinés à être pâturés (pâtures) ou fauchés (prairies de fauche) pour en faire du foin qui sera donné à manger aux bestiaux

 

prairies fleuries et effets paysagers

En horticulture & paysage, on appelle gazons japonais ou prairies fleuries des semis en place composés en majorité (gazons japonais) ou exclusivement de Dicotylédones à fleurs chatoyantes.

En général, il s’agit de Dicotylédones annuelles exotiques, africaines (Cosmos…), américaines (Pavot de Californie / Eschscholzia californica) ornementales ou utilisées en agriculture (Lin textile / Linum usitatissimum, Sarrasin / Fagopyrum esculentum, Phacélie à feuilles de tanaisie / Phacelia tanacetifolia…). Parfois, il s’agit de variétés horticoles :

Certains mélanges sont composés de Dicotylédones annuelles de nos régions, natives ou naturalisées de plus ou moins longue date, adventices des grandes cultures (messicoles) : Coquelicot / Papaver rhoeas, Bleuet / Centaurea cyanus, Chrysanthème des moissons / Chrysanthemum segetum… Parfois, ces prairies fleuries sont monospécifiques.

On peut aussi rencontrer des prairies fleuries composées de plantes pluriannuelles de nos régions. Si on organise bien la succession des floraisons des annuelles, bisannuelles et vivaces (et notamment des bulbes), on peut obtenir une très longue période de fleurissement :

 

évolution & gestion d’une prairie

D’une année sur l’autre, une prairie fleurie laissée en place sera « belle » (dense) la première année seulement, mais plus décevantes les années suivantes si elle est composée de Dicotylédones annuelles uniquement. Car si les annuelles se ressèment, elles se comportent moins bien que sur un sol nu. Il convient de considérer de telles prairies fleuries comme des décorations florales saisonnières (estivales). Elles conviennent bien à de l’événementiel.

Au cours du temps, sur plusieurs années, l’évolution naturelle d’une prairie, notamment dans le grand paysage, est de se refermer, c’est-à-dire à recevoir des arbustes, des grimpantes, des arbres, qui vont normalement se développer. Une prairie est donc un élément de paysage transitoire, soumis à une certaine dynamique. A cause de l’ombre qui s’accentue, la plupart des herbacées vont régresser, puisque les plantes de prairie sont des plantes de milieux ouverts. Si on veut la conserver, il faut la « figer » par une tonte / fauche régulière, par le pâturage. En ce sens, prairie appelle gestion !

Deux à trois fauchages par an (le premier au printemps / fin de printemps, le second tardif en fin d’été / début d’automne) permettent de favoriser une diversité de plantes vivaces. Une gestion plus soutenue amène une prairie au stade de pelouse. L’exportation du résidu de fauche, parce qu’il appauvrit le milieu, est réputé augmenter la diversité floristique, notamment au détriment des Graminées. Ça semble à première vue paradoxal, mais dans un milieu riche, quelques plantes ayant des besoins importants mais très concurrentielles s’accaparent les ressources et ne permettent pas à une diversité de plantes de s’installer ; alors que dans un milieu plus pauvre, ces plantes ne pouvant pas se maintenir à cause de leur « train de vie » régressent, et davantage d’autres plantes se partagent le peu de ressources à disposition.

L’écopâturage est une autre technique de gestion réputée pour améliorer la biodiversité d’une prairie. Elle a un grand capital sympathie vis-à-vis du public, mais semble une solution moins évidente pour les gestionnaires (personnel habilité, soins vétérinaires…). Le choix de la race est détermine en grande partie le résultat final en termes de biodiversité.

 

créer une prairie (fleurie)

Si une tonte / fauche à rythme soutenu fait évoluer une prairie en pelouse, l’inverse est une expérience qui mérite d’être tentée ! Même avec un gazon ! On passe d’une pelouse à une belle prairie de manière relativement simple mais peut-être un peu longue (quelques années) en espaçant les tontes / fauches ! En profiter pour relever la hauteur de tonte / fauche.

 

Il est possible de modifier plus rapidement l’allure d’une prairie, par exemple parce qu’on la considère trop pauvre ou d’un aspect trop triste :

  • tondre / faucher très court une prairie / pelouse / gazon ; utiliser un outil X qui ouvre un sillon et l’ensemence aussitôt, avec un mélange de graines des plantes souhaitées ;
  • ou ensemencer des bandes ou des patches tondus court et scarifiés, voire décapés ;
  • certains enrichissent des prairies par « greffes » de plantes prélevées en motte à proximité. Méthode d’appoint, pas évidente à mettre en œuvre, plutôt de type interventions-éclair.

Ces démarches sont beaucoup plus acceptables que celle qui consiste à supprimer une végétation existante pour la remplacer par une prairie semée sur terre nue.

 

Créer une prairie à partir de zéro, sur une terre nue :

  • travailler le sol avec un cover crop ou au canadien, qui ne retournent pas les horizons, émietter ;
  • semer aussitôt : il s’agit d’occuper le terrain pour éviter l’expression de la banque de graines du sol et notamment des indésirables ;
  • rouler.

Quand un semis n’est pas trop dense, des plantes spontanées pourront aussi s’intercaler ; mais parmi elles, notamment en ville, il peut y avoir des espèces indésirables, dont les espèces de friche : Vergerettes, Buddlejas…. Dès que les semis deviennent reconnaissables, on pourra extirper les indésirables le cas échéant. Une autre méthode (qui a déjà fait ses preuves) est de faire 1-2 faux semis avant le semis de la prairie souhaitée.

Des précautions sont à prendre, dès qu’on n’est pas à l’horizontale, contre les risques d’érosion par les pluies, le vent – sans oublier les oiseaux (déployer des filets ?).

Une très jolie méthode alternative de semis est de tondre une prairie et « semer » les résidus sur une terre nue – même en pente !

 

Attention à la palette végétale !

Quand on sème une prairie fleurie, si le mélange contient trop de Graminées, elles prendront le dessus sur les Dicotylédones. Certaines espèces sont connues pour être très exclusives, peu sociales : Calamagrostis epigejos est par exemple une Graminée vivace rhizomateuse-traçante, à enracinement profond + superficiel, autrement dit très concurrentiel : vive les fétuques non traçantes !

Si on n’apprécie pas qu’une prairie ait un aspect très changeant au cours de l’année (très fleurie en fin de printemps / été, moins séduisante aux autres saisons ?), on peut mélanger annuelles, bisannuelles et vivaces dont des bulbes à la création, pour que les floraisons se succèdent.

On trouve sur www.seine-et-marne-environnement.fr (copie sur P) des associations de plantes indigènes différentes, pour différents types de prairies, dans différents biotopes.

 

prairies (fleuries) et biodiversité

Toute prairie est fleurie, au sens des botanistes, puisque les Dicotylédones sont des plantes à fleurs ; les Graminées aussi d’ailleurs, même si leur floraison est moins frappante ! Après la floraison vient la fructification. Au passage, le fruit des Graminées est le grain (en botanique on parle de caryopse : c’est un akène dont le fruit et la graine unique qu’il contient ont fusionné). Les prairies intéressent par conséquent, au moins pour leur alimentation, et au premier chef, des herbivores (Orthoptères), des nectarivores (Hyménophères, Lépidoptères) et des granivores (Oiseaux, Rongeurs…).

  • les prairies peuvent donc donner un coup de pouce à la faune, en contribuant à la nutrition de certains groupes. Mais attention ! Les prairies fleuries, par leur gamme végétale, n’offrent souvent pas autre chose que de l’alimentation à certains groupes (nectarivores), à l’inverse d’un rôle plus complet pour les prairies à caractère naturel. Attention à ce qu’on fera dire aux protocoles de suivi de la faune associée aux prairies !
  • les prairies sont un élément de renforcement de la vie du sol : microfaune, champignons, vie bactérienne… ;
  • quand elles sont correctement constituées et gérées, les prairies à caractère naturel sont des habitats prioritaires pour le renforcement des trames vertes et bleues. Les espèces-cibles animales associées aux prairies à caractère naturel, et attestant de leur bonne qualité écologique, sont les Orthoptères (Criquets, Sauterelles, Grillons…).

 

autres intérêts des prairies (fleuries), notamment en ville

  • dans les zones inondables, les prairies sont un facteur important dans la résorption des crues, grâce à leur capacité d’absorbtion, sans nuire à l’écoulement des eaux. (Les mégaphorbiaies et les ripisylves au contraire, trop denses, ont tendance à freiner l’écoulement des eaux, accentuant parfois le phénomène de crue) ;
  • les couleurs d’une prairie fleurie peuvent avoir un effet peps ! événementiel. Mais attention ! Une prairie composée de plantes annuelles (a fortiori espèces exotiques ou variétés horticoles) ou de plantes annuelles, bisannuelles et vivaces, peut avoir un effet décevant au-delà de la 1re année. Un effet très fleuri peut aussi habituer le public à un certain effet (opulent) qui n’est pas forcément cohérent avec la « vraie » biodiversité ;
  • limiter la gestion (donc les coûts de gestion) d’un secteur anciennement en gazon (?), par exemple sous des arbres, quand on avait pour habitude de les contourner avec une tondeuse à gazon (sans compter les risques de blessure des collets des arbres) ;
  • la mise en place de prairies fleuries peut constituer une phase de préparation du public (et des gestionnaires !) au passage en zéro phyto d’espaces très gérés ;
  • voire une alternative au phyto ;
  • donc un argument de santé publique – agents et usagers ;
  • les prairies (hautes) gardent la fraicheur du sol en été, contrairement à un gazon ras, qui contribue à l’évaporation de l’eau du sol. De ce fait, elles permettent de diminuer l’effet d’îlot de chaleur ;
  • apporter de l’agrément aux usagers ;
  • effet paysager / ambiance très changeants au cours de l’année, marquant les saisons ;
  • donner un sentiment de nature, de biodiversité

 

pour conclure

  • Le succès d’une prairie (fleurie) dépend fortement de la définition stricte des objectifs, de ce qu’on en attend, y compris vis-à-vis des usages par les usagers.
  • Il est donc important de communiquer sur ce qu’on fait et pourquoi on le fait.
  • Tenir le public à l’écart n’est pas toujours souhaitable.
  • Au contraire, associer les usagers, en utilisant la prairie comme support pédagogique, un pôle d’attractivité par le savoir : ethnobotanique, médicinales, comestibles…
  • Il est aussi important d’associer les agents (gestionnaires) au suivi de la prairie. Leur laisser l’initiative du fauchage localisé, laisser libre cours à leur créativité sur certains secteurs peu sensibles…
  • Le protocole FLORILEGE – prairies urbaines, en année-test cette année 2014, devrait permettre de tirer des conclusions sur la diversité floristique en rapport avec les méthodes de gestion [mais aussi de création] de prairies urbaines.
  • Il est positivement consensuel, moderne, élégant, tendance, visionnaire, d’associer dans un jardin en général et dans une prairie en particulier, des espèces exotiques, des variétés horticoles et des plantes indigènes ! C’est dans cet esprit que l’École Du Breuil et l’École Boulle se sont associées pour créer, pour le thème « Jardins d’Avenir ou l’art de la biodiversité heureuse » de l’année 2011 du Festival de Chaumont-sur-Loire, un très beau jardin fait d’espèces exotiques et horticoles faussement enfriché de « mauvaises herbes » de nos régions.
  • On peut aussi inverser la proportion : sur une base de plantes régionales, on peut venir apporter quelques ponctuations de plantes exotiques ou horticoles : effet garanti ! Ci-dessous travail d’Eric LENOIR, paysagiste :

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GAMME VEGETALE POUR TOITURE VEGETALISEE

Posté par Paul-Robert TAKACS le 16 septembre 2014

  famille botanique indigénat en Île-de-France remarques
Achillea millefolium Astéracées régionale la touffe forcit si elle se plait
Allium schoenoprasum  Alliacées indigène non régionale subspontanée en IDF
Anthoxanthum odoratum Poacées régionale
Aurinia saxatilis subsp. saxatilis Brassicacées indigène non régionale
Dianthus carthusianorum Caryophyllacées régionale
Dianthus deltoides Caryophyllacées régionale
Festuca ovina Poacées régionale
Geranium macrorhizum Géraniacées la touffe forcit si elle se plaitvoire devient envahissante
Hieracium pilosella Astéracées régionale envahissante si elle se plait
Hypericum perforatum Hypéricacées régionale la touffe forcit si elle se plait
Hylotelephium telephium Crassulacées régionale
Hyssopus officinalis Lamiacées régionale
Iris germanica cv. Iridacées horticole la touffe forcit si elle se plait
Knautia arvensis Caprifoliacées régionale
Linaria supina Plantaginacées régionale
Petrorhagia saxifraga Caryophyllacées indigène non régionale
Sedum album Crassulacées régionale
Sedum rupestre Crassulacées régionale
Sedum acre Crassulacées régionale
Sedum spurium Crassulacées accidentel
Sedum sexangulare Crassulacées régionale
Sempervivum tectorum Crassulacées indigène non régionale
Thymus praecox Lamiacées régionale
Trifolium arvense Fabacées régionale

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Pourquoi une lisière et, plus généralement, pourquoi des écotones ?

Posté par Paul-Robert TAKACS le 23 juin 2014

Les lisières sont des écotones, c’est-à-dire des espaces de transition, de passage, entre deux milieux. Les lisières, frontières entre prairies (ou champs) et bois ou forêts, mêlent souvent herbacées, arbustes et grimpantes.

C’est pourquoi les lisières (et plus généralement les écotones), sont des lieux riches de biodiversité : une part de la biodiversité de la prairie, une part de celle de la forêt, et, en plus, la biodiversité des friches en elles-mêmes (certaines espèces végétales et animales ne se rencontrent que là).

importance écologique des lisières / écotones (image Eau de Paris)

importance écologique des lisières / écotones (image Eau de Paris)

En lieu et place de transitions paysagères brusques et tranchées (d’ailleurs peu esthétiques), il est important de favoriser, par la gestion, les milieux de transition.

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Installer des ruches ?

Posté par Paul-Robert TAKACS le 23 juin 2014

Pourquoi pas… Il est d’ailleurs incontestable qu’une animation rucher constitue souvent un premier contact positivement frappant avec les questions de biodiversité (rapports plantes / animaux ; rôles réciproques ; action des produits phytosanitaires sur les abeilles, etc.).

Mais il faut retenir qu’un rucher est un élevage (avec concentration). Et que la compétition pour les ressources (nectar) entre abeilles domestiques et abeilles sauvages augmente avec le nombre de ruches.

Comme en tout, le problème vient de l’excès. Donc point trop n’en faut.

Installer des ruches ? dans B. BÂTI ruches-300x192

 

 

 

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