UNE TRAME VERTE ET BLEUE A PARIS : POURQUOI ? COMMENT ?

Posté par Paul-Robert TAKACS le 12 mars 2015

Les travaux de renforcement engagés ces dernières années sur les trames verte et bleue (TVB), à l’échelle de différents territoires (quartiers, communes, départements, régions…) sont issus d’une ambition des Grenelle de l’environnement.

Le Ministère le l’écologie et du développement durable définit la trame verte et bleue comme « un outil d’aménagement du territoire qui vise à (re)constituer un réseau écologique cohérent, à l’échelle du territoire national, pour permettre aux espèces animales et végétales, de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer… En d’autres termes, d’assurer leur survie, et permettre aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services. »

SRCE

la TVB d’un territoire est typiquement constituée de réservoirs de biodiversité reliés entre eux par des corridors écologiques

Un réservoir de biodiversité est une zone vitale, riche en biodiversité, où les individus peuvent réaliser l’ensemble de leur cycle de vie : abri / habitat, alimentation, reproduction…

Un corridor écologique est une voie de déplacement, empruntée par la faune et/ou la flore, entre deux espaces de biodiversité.

réservoirs & corridors de biodiversité

Une TVB est constituée de la combinaison des sous-trames aquatique, humide, minérale, herbacée, arbustive, arborée, noire…

trames et sous trames vertes et bleues

quelques problématiques TVB

  • la diminution du nombre et de la qualité écologique des territoires de vie des espèces
  • les obstacles à la circulation des espèces = fragmentation des territoires > isolement des espèces
  • les ruptures de continuité des territoires ou des corridors

principes du renforcement des TVB

Pour éviter l’isolement des espèces et ainsi une perte de biodiversité, la TVB vise à maintenir et à reconstituer les corridors écologiques, à l’échelle nationale, en tant que réseau d’échange permettant aux espèces animales et végétales de pouvoir circuler, s’alimenter, se reproduire et permet ainsi de préserver la biodiversité.

modalités pratiques pour le renforcement des TVB

  • planter davantage de plantes indigènes, même régionales natives, améliore l’attractivité pour la faune locale
  • une diversité végétale amène une diversité animale
  • ne pas se contenter d’une diversité spécifique, mais introduire aussi une diversité individuelle : pas de clones !
  • la diversité des habitats / milieux est le support de la diversité végétale
  • une continuité, relative ou absolue, des habitats est nécessaire, y compris grâce à l’existence de corridors écologiques entre habitats fonctionnels

Plan biodiversité de la Ville de Paris

La Ville de Paris a signé en 2011 son 1er Plan biodiversité : un recueil de 30 actions favorables à la biodiversité dans le contexte urbain dense de la capitale.

En 2015, le Plan sera révisé, compte tenu notamment de l’état d’avancement des actions entreprises entre-temps.

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Les nombreux avantages des toitures végétalisées (en ville)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 27 novembre 2014

adapté d’après l’article original http://journalmetro.com/monde/674712/les-nombreux-avantages-des-toits-verts/
par Daniel CASILLAS
pour Metro World News 26/11/2014
Les nombreux avantages des toitures végétalisées (en ville) dans toitures végétalisées
source :

Wikimedia Commons

Les toits verts – c’est-à-dire couverts de végétation – permettent de rendre les bâtiments plus frais et plus écoénergétiques.

Végétaliser le bâti devrait permettre de :

  • réduire l’incidence globale du cadre bâti sur la santé humaine (isolation thermique, phonique…) et l’environnement, en…
  • …diminuant les nécessités de climatisation, donc la consommation d’énergie, donc les émissions de GES
  • …régulant l’effet des précipitations (rejets d’une eau pas si sale aux égouts, donc surcharge des réseaux après une forte averse) ; la rétention d’eau participe à l’effet rafraîchissant en cas de chaleur
  • réduire le gaspillage d’énergie, d’eau
  • réduire la pollution (laquelle ? les GES ne constituent pas une pollution à strictement parler)
  • améliorer la productivité des employés qui y travaillent (agrément ?)

Un rapport publié cette année par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme onusien, note que les techniques de construction respectueuses de l’environnement laissent entrevoir «des économies d’énergie potentielles de l’ordre de 50 à 90% dans les constructions neuves et existantes».

Par ailleurs, des technologies à haut rendement énergétique permettent d’envisager une réduction potentielle des émissions de CO2 de 20 à 45%, une augmentation de l’efficacité des infrastructures de 30 à 70%, une amélioration de l’efficacité en matière d’émissions de GES de 20 à 45% et une réduction de la demande de services de 20 à 40%.

Un moyen économique et efficace de participer à l’initiative des édifices verts est d’aménager des toits verts – c’est-à-dire de couvrir des toitures de végétation afin qu’elles soient belles et conservent l’énergie de façon optimale. Les spécialistes estiment qu’un toit vert offre plusieurs avantages publics, notamment une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie et la préservation de la biodiversité urbaine.

Selon des données d’une conférence de l’organisme Green Roofs for Healthy Cities, les toits verts captent de 70 à 90% des précipitation qui y tombent durant l’été, permettent de rafraîchir la température de l’air près de la surface (jusqu’à 16,4°C en moyenne) et réduisent le smog ainsi que la diffusion des poussières et des particules de matière dans la ville.

De nombreuses métropoles ont commencé à constater les avantages qu’offrent les toits verts. «Dans le monde, les immeubles verts sont de plus en plus nombreux, car on les considère de plus en plus comme des occasions d’affaires à long terme. Près de 51% des architectes, ingénieurs, entrepreneurs, propriétaires et consultants ayant participé à notre étude prévoient que plus de 60% de leur travail portera sur des immeubles verts d’ici 2015», révèle un rapport de la société d’analyse financière McGraw Hill intitulé World Green Building Trends 2013.

Questions-réponses avec Steven W. Peck, fondateur et président de Green Roofs for Healthy Cities

Quels problèmes urbains les toits verts peuvent-ils permettre de résoudre?
La population profite de plusieurs avantages concrets quand l’administration d’une ville instaure des politiques favorisant l’aménagement et l’entretien de toits verts. Parmi ceux-ci, on peut citer une meilleure gestion des eaux pluviales, la réduction des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air, des économies d’énergie, la préservation de la biodiversité urbaine, l’embellissement des quartiers, le développement de l’emploi local (emplois verts) et plus d’occasions d’aménagement d’espaces verts actifs et passifs. Avec un modeste investissement de 7,50 à 10$ par pied carré, plusieurs villes sont en train de tirer profit des toits sous-utilisés, surchauffés et laids de leurs édifices.

Combien coûte un toit vert?
Cela dépend du genre de toit vert ainsi que du type et de la nature de l’édifice. Il existe des systèmes simples et peu coûteux qui sont légers et qui demandent peu d’entretien, et il existe des systèmes plus complexes qui exigent structurellement une importante capacité de charge et utilisent une grande variété de plantes. Les toits verts dernier cri sont plus chers que les systèmes traditionnels, mais ils offrent de nombreux avantages publics et privés, comme une meilleure espérance de vie de la membrane et des économies d’énergie.

Quels progrès le secteur des toits verts a-t-il réalisés dans les dernières années?
Quand j’ai commencé à travailler sur le sujet, en 1997, il n’existait pour ainsi dire aucune documentation technique. Aujourd’hui, on estime que 20 millions de pieds carrés de toits verts sont aménagés annuellement en Amérique du Nord. Et il y a aujourd’hui 750 personnes qui ont mérité le droit de s’appeler des «professionnels des toits verts» après avoir suivi un programme de formation et avoir réussi un examen pluridisciplinaire. Ces gens connaissent les meilleures pratiques, qui permettent d’assurer le succès des projets de verdissement de toiture.

Il reste cependant beaucoup à faire afin de comprendre pleinement les nombreux avantages que comporterait le recours systématique aux techniques d’aménagement de toits et de murs verts partout en Amérique du Nord. Il s’agit aujourd’hui d’un mouvement mondial. Des douzaines de pays adoptent les technologies de l’architecture vivante pour tenter de résoudre des problèmes urgents, comme ceux liés aux eaux pluviales, aux îlots de chaleur et au manque d’espaces verts.

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saine lecture : Où se cache la biodiversité en ville ? 90 clés pour comprendre la nature en ville

Posté par Paul-Robert TAKACS le 19 septembre 2014

Auteurs : Philippe CLERGEAU & Nathalie MACHON
Editeur : QUAE
Date de parution : 28 août 2014
20,50€
saine lecture : Où se cache la biodiversité en ville ? 90 clés pour comprendre la nature en ville dans 0. ECOLOGIE URBAINE 12678_1-192x300
La nature est de plus en plus présente dans la ville, non seulement parce qu’on y plante de plus en plus d’arbres, d’arbustes et de fleurs, mais surtout parce que la gestion des espaces verts et des jardins devient plus écologique. De ce fait, des végétaux et animaux inhabituels profitent de ces lieux. À côté de nos espèces horticoles et domestiques, on peut ainsi observer des espèces sauvages. Certaines d’entre elles s’adaptent, d’autres pullulent, beaucoup nous surprennent…Même en ville, la nature nous rend des services, comme offrir des espaces de détente ou abaisser la température ambiante. L’enjeu d’améliorer la qualité de vie des citadins, de plus en plus nombreux dans le monde, compte parmi les multiples raisons d’imaginer une ville écologiquement durable.La pollution gêne-t-elle les plantes ? Les abeilles de la cité sont-elles en meilleure santé ? Comment mesurer la biodiversité en ville ? Quelle est la ville la plus verte du monde ? Les réponses aux 90 questions de ce livre permettront de ne plus simplement considérer la nature en ville comme une présence de verdure mais de la comprendre en tant que milieu complexe, centre d’intérêt tant pour le naturaliste, le chercheur et le gestionnaire que pour le citadin, qui pourra contribuer aux sciences participatives.

Sommaire

Un refuge pour la biodiversité ?

1. La ville, un monde à part ?
2. Peut-on vraiment parler de biodiversité en ville ?
3. Vivre en ville, c’est vivre mieux ?
4. À quoi ressemble l’automne sous les lampadaires ?
5. La cité fait-elle peur aux prédateurs ?
6. Qui visite nos poubelles ?
7. Où se cache la biodiversité en ville ?
8. Qui a fui la ville ?
9. Les pollinisateurs trouvent-ils de quoi butiner ?
10. Les abeilles de la cité sont-elles en meilleure santé ?
11. Qui sont les nouveaux venus ?
12. La ville étouffe-t-elle le sol ?
13. Y a-t-il plus de rhumes des foins dans la cité ?
14. Pleut-il des pesticides sur la ville ?
15. Habiter en ville change-t-il les habitudes ?
16. Qui a droit de cité ?
17. Qui sont les indésirables ?

Des espaces verts dans la ville

18. Quelle est la ville la plus verte du monde ?
19. À quoi servent les jardins ?
20. Pourquoi planter des arbres en ville ?
21. Comment un arbre peut-il vivre dans un trottoir ?
22. Y a-t-il des OGM en ville ?
23. Les géraniums comptent-ils dans la biodiversité ?
24. Plantes d’ici ou d’ailleurs ?
25. Peut-on tout faire pousser dans un milieu artificiel ?
26. Les jardins sont-ils trop propres ?
27. Le potager participe-t-il à la biodiversité urbaine ?
28. Les plantes en ville sont-elles plus ou moins malades que les autres ?
29. Y a-t-il trop de sel en hiver ?
30. Peut-on cultiver des plantes sauvages ?

La course des plantes sauvages

31. Quelles sont les perce-bitume ?
32. Où vivent les sauvageonnes ?
33. Quelles sont les plus grandes baroudeuses ?
34. Y a-t-il moins de plantes en ville qu’à la campagne ?
35. Y a-t-il des plantes rares en ville ?
36. Quelles plantes préfèrent vivre en ville ?
37. Quelles sont les 10 plantes sauvages les plus fréquentes en ville ?
38. Quelles plantes poussent sur les toits ?
39. La pollution gêne-t-elle les plantes ?
40. Qui pollinise les fleurs des villes ?
41. Comment voyagent les graines des immigrantes ?
42. Les plantes citadines vivent-elles au même rythme que dans la nature ?
43. Les lichens ont-ils déserté les grandes villes ?
44. Pourquoi les vieux murs accueillent-ils les mousses ?
45. Peut-on manger les champignons des villes ?
46. Quelles plantes vivent dans le lit des rivières ?
47. La friche a-t-elle encore sa place en ville ?

Les animaux sauvages, de nouveaux résidents

48. Les villes sont-elles devenues un asile pour les oiseaux migrateurs ?
49. Qui vit en permanence dans nos cités ?
50. Qui a changé son menu pour vivre en ville ?
51. Qui préfère se marier à la campagne ?
52. Pourquoi de plus en plus de corneilles et de pies ?
53. La pollution gêne-t-elle les animaux ?
54. Qui s’installe en colonie dans la ville ?
55. Y a-t-il pour l’homme des risques de promiscuité avec la faune ?
56. Les chauves-souris sont-elles citadines ?
57. Peut-on vraiment croiser un crocodile dans les égouts ?
58. Les sangliers sont-ils les nouveaux vandales ?
59. Les renards font-ils leurs courses au centre-ville ?
60. Où se cachent les fourmilières ?
61. Y a-t-il trop de pigeons ?
62. Comment les mouettes sont-elles arrivées à Paris ?

Les envahisseurs

63. Les exotiques sont-ils des envahisseurs ?
64. Où se cachent les plantes exotiques ?
65. Les perroquets vont-ils détrôner les moineaux ?
66. Les écureuils roux ont-ils du souci à se faire ?
67. Le ragondin est-il dangereux ?
68. Y a-t-il des rats dans le métro ?
69. Les anciennes épidémies sont-elles de retour ?
70. Donner à manger aux oiseaux est-il un acte civique ?
71. Quels sont les nouveaux envahisseurs ?
72. Comment les ratons-laveurs s’installent-ils en ville ?
73. Comment une espèce peut-elle proliférer ?
74. Les invasives finissent-elles par s’intégrer aux populations locales ?
75. Est-il interdit de cultiver certaines plantes ?
76. Quelles sont les principales pestes végétales des cités ?
77. Y a-t-il plus de moustiques en ville ?
78. Y aura-t-il encore des palmiers à Nice en 2020 ?
79. Comment contenir les envahisseurs ?
80. Le changement climatique va-il modifier la biodiversité des villes ?

La ville de demain est-elle verte ?

81. La ville a-t-elle changé, ces dernières années ?
82. La ville grignote-t-elle trop la campagne ?
83. Les services écologiques, c’est quoi ?
84. Un urbanisme plus vert, pourquoi ?
85. Les paysagistes prennent-ils le virage de l’écologie urbaine ?
86. Qu’est-ce que des trames vertes et bleues ?
87. Comment intégrer des corridors écologiques en ville ?
88. Comment assurer la dispersion d’espèces dans la ville dense ?
89. Quel rôle peut jouer le citadin ?
90. Un nouvel urbanisme pour une ville durable ?

 

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BIODIVERSITE & RESEAU FERROVIAIRE

Posté par Paul-Robert TAKACS le 24 mars 2015

biodiversité et réseau ferroviaire

Le document ci-dessus, présenté par Réseau Ferré de France lors de la Semaine du Développement Durable (du 1er au 7 avril 2010), présente la biodiversité comme « [à] préserver et valoriser : un défi et un e contribution essentielle du réseau ferroviaire au développement durable ».

On notera plus particulièrement les « quelques exemples de préservation de la biodiversité autour des voies ferrées » :

détail de quelques réalisations biodiversité et réseau ferroviaire

L’idée de « contribution essentielle du réseau ferroviaire », notamment à la bonne marche de la biodiversité, doit cependant intégrer un bémol. On considère de manière relativement unanime, que le réseau ferroviaire fonctionne comme une porte d’entrée d’une grande diversité d’espèces, notamment végétales, désirables mais aussi indésirables.d’espèces indésirables.

On regrettera que l’aspect des plantes invasives soit passé sous silence dans ce document. Or la présence, parfois sur des longueurs importantes, de plantes invasives, introduites (Robinier utilisé pour stabiliser des talus quand les lignes passent en tranchées ou en hauteur), arrivées suite à la perturbation des milieux (Ailante, Buddleja, Séneçon du Cap…) et se propageant parfois rapidement suite aux interventions de gestion (Renouée du Japon…), est un problème incontournable pour le fonctionnement de la biodiversité. Avec une question à la clef : peut-on s’assurer qu’un corridor permette le déplacement de certaines espèces (désirables) et pas d’autres ?

 

 

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bénéfices attendus des toits-terrasses végétalisés

Posté par Paul-Robert TAKACS le 12 mars 2015

  • isolation thermique (voir image de thermographie)
  • isolation phonique
  • isolation contre les UV…

du moins, au dernier étage !

effet rafraîchissant des toitures végétalisées

  •  biodiversité

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Teucrium x lucidrys : un substitut au buis de bordure

Posté par Paul-Robert TAKACS le 12 mars 2015

Aux dernières nouvelles, cette Germandrée hybride, dont les parents sont Teucrium lucidum et T. chamaedrys, d’où le nom, serait un bon candidat pour remplacer les bordures de buis menacées par la Chenille mineuse qui les défeuille, voire les tue.

Il s’agit d’une vivace buissonnante de jusqu’à 40 cm de haut, dont le feuillage persiste bien en plus d’être odoriférant, Labiées oblige. La plante porte des épis de fleurs rose entre juin et septembre. Elle peut être taillée, ce qui, d’ailleurs, la densifie et la rend plus florifère.

Teucrium x lucidrys en bordure

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Le sol : la vie

Posté par Paul-Robert TAKACS le 23 décembre 2014

sol

Au moins sur les terres émergées mais en fait même sous l’eau, le sol est le support de la vie – le bio-tope. Une cuillère à soupe de sol contient plus de micro-organismes qu’il y a d’humains sur la planète : il y a la matière minérale mais aussi des bactéries, champignons, algues uni- et pluri-cellulaires ; spores de champignons, d’algues, de lichens, de mousses, de prêles et de fougères ; œufs, larves ou adultes de vers, insectes… Un sol vivant, et non pas un sol tassé, pollué ou stérilisé par des produits « phytosanitaires » (en fait des biocides), est aussi le support d’une biodiversité plus visible : vers, myriapodes, insectes… mais aussi des plantes supérieures, à la base des chaînes alimentaires.

D’un point de vue anthropocentrique les sols ont des rôles majeurs :

  • supports de notre alimentation : champs, potagers, vergers ; fourrage des animaux…
  • filtres capables de dépolluer en tout ou partie toute une diversité de substances, y compris en provenance de l’air ou de l’eau ; améliorent la qualité des eaux
  • rôle favorable dans la régulation du climat : transformation, notamment par voie microbienne, d’une partie du N2O, puissant gaz à effet de serre, en azote atmosphérique N2

Ainsi, pour Dominique ARROUAYS, président de l’Association française pour l’étude du sol, « le développement durable passe par la préservation des sols. Les sols agricoles que nous bétonnons sont également souvent les plus productifs. En diminuant ainsi notre potentiel de production, nous augmentons notre empreinte écologique : il faut parfois 10 fois plus d’espace pour produire ce que nos sols et notre climat permettent. Indirectement, nous participons à l’augmentation mondiale de la déforestation et à l’accaparement des terres des plus pauvres. »

En ville, il convient que la ville se reconstruise sur elle-même, qu’un maximum de pleine terre soit préservé, voire que de la pleine terre soit regagnée.

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Pourquoi chercher des alternatives aux traitements chimiques des végétaux ?

Posté par Paul-Robert TAKACS le 2 décembre 2014

  • Parce que parmi ces produits chimiques qu’on appelle herbi-cides, insecti-cides, fongi-cides, bactéri-cides… (qu’on trouve parfois regroupés sous le nom de bio-cides), aucun n’est anodin pour l’homme, plusieurs déclenchent des pathologies (d’où l’intérêt des protections individuelles et respect des conditions d’application) : leurs ancêtres sont souvent des substances de combat, autrement dit des homi-cides.
  • Ces produits sont rarement spécifiques de ce qu’on veut combattre et touchent / affectent / tuent des groupes plus vastes que le groupe visé.
  • Selon le schéma des bactéries combattues aux antibiotiques, comme tout objet vivant visé par ces biocides, des résistances aux produits chimiques apparaissent. On sera tenté par augmenter les doses  d’application, concentrer les produits ; on voudra croiser (multiplier) des molécules ; il faudra chercher de nouvelles molécules actives.
  • Les produits chimiques ont une certaine rémanence dans l’environnement.
  • Plus ou moins mobiles, ils sont susceptibles de se déplacer de l’endroit d’application vers des zones où on ne voudrait pas les avoir, par exemple vers les nappes phréatiques, à partir desquelles nous risquons de nous intoxiquer. Il y a ensuite un coût de dépollution.
  • Au lieu de considérer les herbes, insectes, champignons, bactéries… comme des ennemis, il est plus intéressant de les voir comme des partenaires. La protection (mieux que la lutte) biologique intégrée ou PBI fait appel à de la biodiversité « utile » (je déteste cette expression), qui permettra de réguler les populations « indésirables » (j’aime pas non plus cette expression) : des coccinelles mangeront des pucerons, etc.

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Façades favorables à la faune et à la flore : l’immeuble de l’Agence CHARTIER-DALIX à Boulogne-Billancourt (92)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 28 novembre 2014

source : article paru dans le « Moniteur » n°5789 du 7 novembre 2014, pages 24 à 28 : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/26524636-falaise-en-beton-prefabrique-pour-la-faune-et-la-flore#26524616

L’agence Chartier-Dalix Architectes a livré un équipement scolaire et sportif à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dont l’enceinte minérale (50×100 m) intègre divers nichoirs et rainures pour favoriser l’implantation d’oiseaux et de végétaux.

A Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le groupe scolaire des sciences et de la biodiversité n’accueille pas que des élèves. Il héberge aussi dans ses murs des oiseaux, des insectes et des plantes. Saison après saison, la falaise artificielle qui pare l’extérieur du bâtiment sera colonisée de manière naturelle. Cette paroi minérale, lisse en partie basse pour éviter que les enfants ne l’escaladent, prend du relief en partie haute pour inviter les oiseaux à s’y percher et y nicher. Elle est constituée de blocs préfabriqués en béton brut, empilés jusqu’à 27 strates et liés par un mortier. La longueur est variable, la hauteur fixée à 40 cm ou 80 cm, la ligne droite ou courbe. Des cannelures latérales favorisent l’implantation de végétaux et le ruissellement de l’eau. Isolés, ces blocs sont très simples. Combinés avec des retraits et des saillies, ils deviennent plus complexes et offrent une plus grande diversité d’accroche à la lumière et à la biodiversité. « Le processus de fabrication a été rationalisé et optimisé pour que les éléments ne soient ni trop petits au risque d’être trop nombreux, ni trop grands pour rester transportables », souligne Sophie Deramond, chef de projet à l’agence Chartier-Dalix Architectes. Un grutier et deux ouvriers sur une nacelle ont patiemment assemblé les 1436 pièces de cette façade puzzle qui ne nécessitera aucun entretien de surface.

immeuble à façade végétalisée et nichoirs de Boulogne Billancourt

« Le maître d’ouvrage, la Saem Val de Seine Aménagement, souhaitait que l’établissement comporte un mur habité comme support de biodiversité. Nous lui avons proposé une falaise minérale ceinturant l’ensemble du bâtiment où la faune puisse nicher et la flore s’implanter. Cette paroi, d’une hauteur variant de 2 à 14 m, est formée par la superposition de blocs en béton, préfabriqués en Bretagne par l’entreprise Celtys. La préfabrication a permis de gérer avec précision la géométrie des blocs, la position des jardinières et des rigoles d’écoulement d’eau, ainsi que la dimension des trous d’envol spécifiques à chaque espèce d’oiseau. A la nature d’y prendre racine… » Frédéric CHARTIER & Pascal DALIX, architectes

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Saem Val de Seine Aménagement.

Maîtrise d’œuvre : Chartier-Dalix Architectes. BET : EVP (structure), CFERM (fluides), F. Bougon (économie), F. Boutté (HQE), AEU (écologue), Biodiversita (biodiversité).

Entreprise : Bouygues ouvrages publics.

Surface : 6 766 m² Shon.

Coût de la construction : 18 799 869 euros HT.

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Façades végétalisées : exemple de L’immeuble qui pousse d’Edouard FRANçOIS

Posté par Paul-Robert TAKACS le 27 novembre 2014

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Une rencontre rare entre un architecte et un promoteur privé sur le terrain des envies. Envie d’autre chose, de matière, d’usage, de plaisir, d’éphémère et de sens.

Le projet aurait pu s’appeler « Le balcon dans tous ses états » : balcon-jardin pour manger, nombreux, entre amis. Balcons-cabane perché au milieu des arbres pour tête à tête plus intime. Balcon-plongeoir pour explorer, curieux, les frondaisons des cimes des arbres. Balcon-terrasse pour imaginer la maison individuelle. Mais il s’appelle « L’immeuble qui pousse ».

Un matin, en manipulant des cailloux, du grillage et du béton, on a inventé un épiderme vivant. Il fallait que cela pousse. On a disposé des sacs de terreau et de plantes derrière les cailloux. On a arrosé d’engrais organique fertilisé. On a fait inséminer le tout par des alpinistes. On a mis la façade sous irrigation automatique.

L’immeuble pousse. Lentement. Son épiderme est devenu un biotope. L’eau se dépose dans les interstices, des algues se forment puis meurent, des mousses se développent et des herbes colonisent ce fin terreau. De-ci, de-là, des traces témoignent de cette transformation.

Ce projet a illustré une campagne du Ministère de la Culture et de la Communication pour la qualité architecturale.

Maquette et dessins font partie des collections du CNAC Georges Pompidou.

ROGRAMME Construction de 64 logements et 47 places de parking

CLIENT : Michel Troncin

ÉQUIPE Maison Edouard François, GREEN & HUNT, Verdier (BET structure)

SURFACE 5 200 M² SHON Budget 4,8 M € Calendrier COMMANDE 1998, LIVRAISON 2000

2000

ZAC Antigone

Rue du Moulin de Semalen

34267 Montpellier

France

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prairies (fleuries)

Posté par Paul-Robert TAKACS le 22 septembre 2014

définitions & types de prairies

En écologie, une prairie est un milieu ouvert, caractérisé par une végétation (principalement) herbacée. Mais il existe en fait toute une diversité de prairies.

Le type de prairie à laquelle on pense par défaut est la prairie établie sur sol relativement sec, à dominance de Graminées, mais qui comporte aussi une certaine part de Dicotylédones. exemple : la prairie du Service des Archives (19e), dominée par Arrhenatherum elatius, le Fromental élevé (Graminées), mais en même temps riche en Dicotylédones

Des prairies sur sols plus frais, voire humides, plus riches, sont généralement constituées d’une part plus importante, voire d’une majorité, et parfois même uniquement de Dicotylédones. On parle dans ces cas de prairies humides. exemple : une prairie humide a été créée au Jardin des Grands Moulins – Abbé Pierre (13e) : la part des Graminées est majoritaire, mais s’y trouvent aussi de nombreuses Dicotylédones, dont des plantes typiques de milieux humides. Parmi elles, la Reine des prés / Filipendula ulmaria (Rosacées).

A l’extrémité de la définition des prairies humides apparaît la mégaphorbiaie. Une mégaphorbiaie typique est constituée d’une prairie dense de Roseaux / Phragmites communis (Graminées) et de hautes plantes herbacées vivaces de 1,5 – 2 – 3 m de haut, dont l’Ortie dioïque/ Urtica dioica, les Bardanes / Lappa… située en zone alluviale et/ou sur sol frais. Souvent en bordure de fleuve / rivière, la mégaphorbiaie peut être périodiquement mais brièvement inondée. Elle sera graduellement colonisée par des ligneux (Saules, Aulnes, Frênes et Peupliers) et tend à évoluer vers une forêt humide.

En agriculture, on appelle parfois « prés » diverses prairies, alpages… destinés à être pâturés (pâtures) ou fauchés (prairies de fauche) pour en faire du foin qui sera donné à manger aux bestiaux

 

prairies fleuries et effets paysagers

En horticulture & paysage, on appelle gazons japonais ou prairies fleuries des semis en place composés en majorité (gazons japonais) ou exclusivement de Dicotylédones à fleurs chatoyantes.

En général, il s’agit de Dicotylédones annuelles exotiques, africaines (Cosmos…), américaines (Pavot de Californie / Eschscholzia californica) ornementales ou utilisées en agriculture (Lin textile / Linum usitatissimum, Sarrasin / Fagopyrum esculentum, Phacélie à feuilles de tanaisie / Phacelia tanacetifolia…). Parfois, il s’agit de variétés horticoles :

Certains mélanges sont composés de Dicotylédones annuelles de nos régions, natives ou naturalisées de plus ou moins longue date, adventices des grandes cultures (messicoles) : Coquelicot / Papaver rhoeas, Bleuet / Centaurea cyanus, Chrysanthème des moissons / Chrysanthemum segetum… Parfois, ces prairies fleuries sont monospécifiques.

On peut aussi rencontrer des prairies fleuries composées de plantes pluriannuelles de nos régions. Si on organise bien la succession des floraisons des annuelles, bisannuelles et vivaces (et notamment des bulbes), on peut obtenir une très longue période de fleurissement :

 

évolution & gestion d’une prairie

D’une année sur l’autre, une prairie fleurie laissée en place sera « belle » (dense) la première année seulement, mais plus décevantes les années suivantes si elle est composée de Dicotylédones annuelles uniquement. Car si les annuelles se ressèment, elles se comportent moins bien que sur un sol nu. Il convient de considérer de telles prairies fleuries comme des décorations florales saisonnières (estivales). Elles conviennent bien à de l’événementiel.

Au cours du temps, sur plusieurs années, l’évolution naturelle d’une prairie, notamment dans le grand paysage, est de se refermer, c’est-à-dire à recevoir des arbustes, des grimpantes, des arbres, qui vont normalement se développer. Une prairie est donc un élément de paysage transitoire, soumis à une certaine dynamique. A cause de l’ombre qui s’accentue, la plupart des herbacées vont régresser, puisque les plantes de prairie sont des plantes de milieux ouverts. Si on veut la conserver, il faut la « figer » par une tonte / fauche régulière, par le pâturage. En ce sens, prairie appelle gestion !

Deux à trois fauchages par an (le premier au printemps / fin de printemps, le second tardif en fin d’été / début d’automne) permettent de favoriser une diversité de plantes vivaces. Une gestion plus soutenue amène une prairie au stade de pelouse. L’exportation du résidu de fauche, parce qu’il appauvrit le milieu, est réputé augmenter la diversité floristique, notamment au détriment des Graminées. Ça semble à première vue paradoxal, mais dans un milieu riche, quelques plantes ayant des besoins importants mais très concurrentielles s’accaparent les ressources et ne permettent pas à une diversité de plantes de s’installer ; alors que dans un milieu plus pauvre, ces plantes ne pouvant pas se maintenir à cause de leur « train de vie » régressent, et davantage d’autres plantes se partagent le peu de ressources à disposition.

L’écopâturage est une autre technique de gestion réputée pour améliorer la biodiversité d’une prairie. Elle a un grand capital sympathie vis-à-vis du public, mais semble une solution moins évidente pour les gestionnaires (personnel habilité, soins vétérinaires…). Le choix de la race est détermine en grande partie le résultat final en termes de biodiversité.

 

créer une prairie (fleurie)

Si une tonte / fauche à rythme soutenu fait évoluer une prairie en pelouse, l’inverse est une expérience qui mérite d’être tentée ! Même avec un gazon ! On passe d’une pelouse à une belle prairie de manière relativement simple mais peut-être un peu longue (quelques années) en espaçant les tontes / fauches ! En profiter pour relever la hauteur de tonte / fauche.

 

Il est possible de modifier plus rapidement l’allure d’une prairie, par exemple parce qu’on la considère trop pauvre ou d’un aspect trop triste :

  • tondre / faucher très court une prairie / pelouse / gazon ; utiliser un outil X qui ouvre un sillon et l’ensemence aussitôt, avec un mélange de graines des plantes souhaitées ;
  • ou ensemencer des bandes ou des patches tondus court et scarifiés, voire décapés ;
  • certains enrichissent des prairies par « greffes » de plantes prélevées en motte à proximité. Méthode d’appoint, pas évidente à mettre en œuvre, plutôt de type interventions-éclair.

Ces démarches sont beaucoup plus acceptables que celle qui consiste à supprimer une végétation existante pour la remplacer par une prairie semée sur terre nue.

 

Créer une prairie à partir de zéro, sur une terre nue :

  • travailler le sol avec un cover crop ou au canadien, qui ne retournent pas les horizons, émietter ;
  • semer aussitôt : il s’agit d’occuper le terrain pour éviter l’expression de la banque de graines du sol et notamment des indésirables ;
  • rouler.

Quand un semis n’est pas trop dense, des plantes spontanées pourront aussi s’intercaler ; mais parmi elles, notamment en ville, il peut y avoir des espèces indésirables, dont les espèces de friche : Vergerettes, Buddlejas…. Dès que les semis deviennent reconnaissables, on pourra extirper les indésirables le cas échéant. Une autre méthode (qui a déjà fait ses preuves) est de faire 1-2 faux semis avant le semis de la prairie souhaitée.

Des précautions sont à prendre, dès qu’on n’est pas à l’horizontale, contre les risques d’érosion par les pluies, le vent – sans oublier les oiseaux (déployer des filets ?).

Une très jolie méthode alternative de semis est de tondre une prairie et « semer » les résidus sur une terre nue – même en pente !

 

Attention à la palette végétale !

Quand on sème une prairie fleurie, si le mélange contient trop de Graminées, elles prendront le dessus sur les Dicotylédones. Certaines espèces sont connues pour être très exclusives, peu sociales : Calamagrostis epigejos est par exemple une Graminée vivace rhizomateuse-traçante, à enracinement profond + superficiel, autrement dit très concurrentiel : vive les fétuques non traçantes !

Si on n’apprécie pas qu’une prairie ait un aspect très changeant au cours de l’année (très fleurie en fin de printemps / été, moins séduisante aux autres saisons ?), on peut mélanger annuelles, bisannuelles et vivaces dont des bulbes à la création, pour que les floraisons se succèdent.

On trouve sur www.seine-et-marne-environnement.fr (copie sur P) des associations de plantes indigènes différentes, pour différents types de prairies, dans différents biotopes.

 

prairies (fleuries) et biodiversité

Toute prairie est fleurie, au sens des botanistes, puisque les Dicotylédones sont des plantes à fleurs ; les Graminées aussi d’ailleurs, même si leur floraison est moins frappante ! Après la floraison vient la fructification. Au passage, le fruit des Graminées est le grain (en botanique on parle de caryopse : c’est un akène dont le fruit et la graine unique qu’il contient ont fusionné). Les prairies intéressent par conséquent, au moins pour leur alimentation, et au premier chef, des herbivores (Orthoptères), des nectarivores (Hyménophères, Lépidoptères) et des granivores (Oiseaux, Rongeurs…).

  • les prairies peuvent donc donner un coup de pouce à la faune, en contribuant à la nutrition de certains groupes. Mais attention ! Les prairies fleuries, par leur gamme végétale, n’offrent souvent pas autre chose que de l’alimentation à certains groupes (nectarivores), à l’inverse d’un rôle plus complet pour les prairies à caractère naturel. Attention à ce qu’on fera dire aux protocoles de suivi de la faune associée aux prairies !
  • les prairies sont un élément de renforcement de la vie du sol : microfaune, champignons, vie bactérienne… ;
  • quand elles sont correctement constituées et gérées, les prairies à caractère naturel sont des habitats prioritaires pour le renforcement des trames vertes et bleues. Les espèces-cibles animales associées aux prairies à caractère naturel, et attestant de leur bonne qualité écologique, sont les Orthoptères (Criquets, Sauterelles, Grillons…).

 

autres intérêts des prairies (fleuries), notamment en ville

  • dans les zones inondables, les prairies sont un facteur important dans la résorption des crues, grâce à leur capacité d’absorbtion, sans nuire à l’écoulement des eaux. (Les mégaphorbiaies et les ripisylves au contraire, trop denses, ont tendance à freiner l’écoulement des eaux, accentuant parfois le phénomène de crue) ;
  • les couleurs d’une prairie fleurie peuvent avoir un effet peps ! événementiel. Mais attention ! Une prairie composée de plantes annuelles (a fortiori espèces exotiques ou variétés horticoles) ou de plantes annuelles, bisannuelles et vivaces, peut avoir un effet décevant au-delà de la 1re année. Un effet très fleuri peut aussi habituer le public à un certain effet (opulent) qui n’est pas forcément cohérent avec la « vraie » biodiversité ;
  • limiter la gestion (donc les coûts de gestion) d’un secteur anciennement en gazon (?), par exemple sous des arbres, quand on avait pour habitude de les contourner avec une tondeuse à gazon (sans compter les risques de blessure des collets des arbres) ;
  • la mise en place de prairies fleuries peut constituer une phase de préparation du public (et des gestionnaires !) au passage en zéro phyto d’espaces très gérés ;
  • voire une alternative au phyto ;
  • donc un argument de santé publique – agents et usagers ;
  • les prairies (hautes) gardent la fraicheur du sol en été, contrairement à un gazon ras, qui contribue à l’évaporation de l’eau du sol. De ce fait, elles permettent de diminuer l’effet d’îlot de chaleur ;
  • apporter de l’agrément aux usagers ;
  • effet paysager / ambiance très changeants au cours de l’année, marquant les saisons ;
  • donner un sentiment de nature, de biodiversité

 

pour conclure

  • Le succès d’une prairie (fleurie) dépend fortement de la définition stricte des objectifs, de ce qu’on en attend, y compris vis-à-vis des usages par les usagers.
  • Il est donc important de communiquer sur ce qu’on fait et pourquoi on le fait.
  • Tenir le public à l’écart n’est pas toujours souhaitable.
  • Au contraire, associer les usagers, en utilisant la prairie comme support pédagogique, un pôle d’attractivité par le savoir : ethnobotanique, médicinales, comestibles…
  • Il est aussi important d’associer les agents (gestionnaires) au suivi de la prairie. Leur laisser l’initiative du fauchage localisé, laisser libre cours à leur créativité sur certains secteurs peu sensibles…
  • Le protocole FLORILEGE – prairies urbaines, en année-test cette année 2014, devrait permettre de tirer des conclusions sur la diversité floristique en rapport avec les méthodes de gestion [mais aussi de création] de prairies urbaines.
  • Il est positivement consensuel, moderne, élégant, tendance, visionnaire, d’associer dans un jardin en général et dans une prairie en particulier, des espèces exotiques, des variétés horticoles et des plantes indigènes ! C’est dans cet esprit que l’École Du Breuil et l’École Boulle se sont associées pour créer, pour le thème « Jardins d’Avenir ou l’art de la biodiversité heureuse » de l’année 2011 du Festival de Chaumont-sur-Loire, un très beau jardin fait d’espèces exotiques et horticoles faussement enfriché de « mauvaises herbes » de nos régions.
  • On peut aussi inverser la proportion : sur une base de plantes régionales, on peut venir apporter quelques ponctuations de plantes exotiques ou horticoles : effet garanti ! Ci-dessous travail d’Eric LENOIR, paysagiste :

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